À Jeddah, en Arabie saoudite, dans l'enceinte de l'Onyx Arena, Souhil Tairi a rendu une copie solide lors de la première soirée de la saison 2025 du PFL MENA. Face à Abdullah Saleem, combattant koweïtien invaincu en cinq combats, notre pensionnaire de poids léger a montré ce qu'il sait faire de mieux : encaisser, rester lucide, et finir le travail quand l'ouverture se présente. Victoire par TKO à 3 minutes 20 du deuxième round, sur arrêt de l'arbitre. Tairi est maintenant qualifié pour les demi-finales du tournoi.
Un adversaire à ne pas sous-estimer
Sur le papier, Abdullah Saleem avait de quoi inquiéter. Champion WBC Muay Thai au Koweït, médaillé d'argent en kickboxing aux championnats WAKO d'Amérique du Nord, et ancien membre de la sélection nationale koweïtienne de lutte — autrement dit, un combattant complet, bien construit, avec une vraie expérience debout et au sol. Avec cinq victoires en cinq combats, dont quatre finitions par soumission au premier round, c'est le genre de profil qui ne pardonne pas les erreurs et qui peut terminer un combat en quelques secondes.
Ce détail avait son importance : Saleem n'était pas là pour faire de la figuration. Il connaissait déjà les exigences du format tournoi du PFL MENA. Tairi, lui aussi, savait qu'il devait aborder ce choc avec une concentration maximale.
Un premier round difficile, géré avec caractère
Le premier round a été compliqué pour Tairi. Saleem a réussi à l'amener au sol, à prendre son dos et à s'y installer durablement. Pendant de longues secondes, la situation était inconfortable : Saleem dans le dos, cherchant à verrouiller un étranglement, Tairi obligé de gérer position après position sans jamais vraiment pouvoir se relever proprement.
Tairi a répondu avec quelques coudes depuis le bas et un upkick bien senti, mais la reprise a globalement appartenu à Saleem. Un point a également été déduit à Tairi pour un coup illégal accidentel avant la fin du round. La situation était claire : il fallait aller chercher la victoire par finition.
Le deuxième round : sang-froid et conclusion
C'est dans l'adversité qu'on reconnaît les grands combattants. Entre les deux rounds, Tairi a gardé son calme. Dès la reprise du deuxième round, il a commencé à poser son jeu debout — jabs, low kicks, déplacements latéraux pour neutraliser les tentatives de saisie de Saleem.
La séquence décisive est venue d'un genou puissant à la tête, enchaîné sur des frappes lourdes. Acculé, Saleem a tenté un dernier changement de niveau, mais Tairi a parfaitement contre-attaqué en prenant son dos et en continuant son pilonnage jusqu'à l'intervention de l'arbitre. TKO à 3:20 du deuxième round. La mission était accomplie.
Qui est Souhil Tairi ?
Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, Souhil Tairi est un profil atypique dans le MMA mondial. Également docteur en mathématiques appliquées, il est surnommé "The Doctor" sur les fiches officielles. Il concilie depuis des années l'enseignement-recherche et la compétition de haut niveau.
Au Marseille Fight Club, il est également le coach de la section féminine, un rôle qu'il prend très au sérieux, voyant le MMA comme un véritable outil de reconstruction et d'empowerment pour ses athlètes. Cette dimension humaine fait partie intégrante de son identité de combattant.
Un parcours de résilience
Cette victoire s'inscrit dans une dynamique de retour importante. Après avoir atteint les demi-finales la saison précédente et connu un revers difficile en début d'année 2025 à Dubaï, Tairi prouve une nouvelle fois sa capacité à rebondir et à progresser saison après saison dans ce format exigeant du PFL.
Le PFL MENA : Cap sur les demi-finales
Le PFL (Professional Fighters League) se distingue par son format de tournoi avec une récompense d'un million de dollars pour le champion. Le PFL MENA est la branche dédiée au Moyen-Orient et à l'Afrique du Nord, un circuit en pleine expansion où le niveau monte d'année en année.
La suite pour Tairi ? Une demi-finale contre le vainqueur du duel entre Salah Eddine Hamli et Abbas Khan. Un nouveau défi de taille attend notre combattant marseillais, mais une chose est sûre : le travail paye, et la rigueur du MFC continuera de porter ses fruits dans l'Octogone.
